Ecolière, écolier : un métier tout simplement

Un enfant suit du doigt un tracé de boucles sur un tableau à craie.

Etre écolière, écolier, un métier devenu compliqué ?

Avez-vous perdu de vue les gestes simples qui nous permettent à un enfant d’apprendre ?

Lorsque je repense à mes années d’école…je souris et j’éprouve un peu de nostalgie.

1. Apprendre à s'installer, apprendre à être attentif

Ces habitudes s’enseignent ; elles ne vont pas de soi. Pour écrire, l’enfant a besoin d’une posture stable et confortable :

  • les pieds posés sur le sol, le cahier parallèle au bras scripteur, et la main placée sous la ligne d’écriture.
  • La posture d’élève : écouter une consigne, attendre son tour, respecter la parole des autres, soutenir son attention.
  • Lorsque j’étais élève, en  1970, il y avait dans ma classe maternelle une quarantaine d’élèves. 

2. Des outils simples, dont on apprenait à se servir

Avoir du matériel ne suffit pas : il faut apprendre à l’utiliser et à l’organiser.
 
Sur mon bureau d’écolière se trouvait une seule trousse pour l’écriture :  un matériel simple et utile au quotidien : un stylo plume, un stylo à bille vert, un crayon à papier avec un taille-crayons, une gomme, une règle, un buvard.
  • Je disposais de trois cahiers à l’école primaire  : cahier du jour, chants et poésies, éveil.
  • Le cahier de textes pour noter les devoirs.
  • L’enseignant(e) se chargeait de l’apprentissage du stylo-plume à l’école. Il (elle) nous enseignait la présentation et le soin apporté aux cahiers.

Aujourd’hui, le choix de l’outil, sa tenue et son utilisation méritent encore un enseignement explicite.

3. Lire et écrire chaque jour pour apprendre

L’écriture avait une place essentielle dans l’ensemble des apprentissages.
 
Les lectures suivies pour comprendre un texte, répondre aux questions, enrichir son vocabulaire, faisaient l’objet d’un entraînement quotidien.
  • La lecture à voix haute : du CP au CM2 pour travailler la fluidité, les liaisons et l’intonation.
  • Les leçons écrites, les dictées, la grammaire et les exercices d’entraînement étaient inscrits dans l’emploi du temps quotidien.
  • L’apprentissage des leçons, les exercices d’entraînement et la consolidation des notions étaient inscrites sur des durées plus longues pour une notion donnée. 

Apprendre une règle ne suffit pas : il faut pouvoir l’utiliser en admettant qu’il y ait des erreurs, être corrigé, et recommencer dans des situations variées.

Quelle place laisse-t-on à cette consolidation dans le quotidien de la classe ? C’est pourtant une question essentielle  lorsque les notions nouvelles se succèdent. 

4. Lire et écrire chaque jour pour apprendre

Devenir élève, c’est aussi apprendre à organiser et à exprimer sa pensée.

  • Réciter, expliquer et prendre la parole devant la classe faisaient partie du quotidien à l’école primaire. Cet entraînement est toujours présent aujourd’hui.
  • Nous rédigions des textes construits.
  • Je me souviens de récits  de souvenirs de vacances ou d’événements du quotidien qui occupaient une page de petit cahier A5 en fin de CM2.
  • La place de dessin sans notation systématique était plus importante.

D’une façon générale, l’expression orale et écrite faisait l’objet d’un entraînement auquel je prenais plaisir.   

5. Compléter n'est pas rédiger

Entourer une réponse, compléter une terminaison ou écrire une phrase entière ne sollicite pas les mêmes compétences. Les fichiers préimprimés et les photocopies peuvent être utiles pour cibler un apprentissage ou adapter le travail. Mais lorsqu’ils deviennent le support principal, quelle place reste-t-il pour construire une phrase, écrire les mots en entier et organiser sa page ?

Les élèves ont aussi besoin d’occasions régulières de rédiger et de réutiliser, dans leurs propres écrits, le vocabulaire, la grammaire et l’orthographe étudiés.

6. Que garder de ces habitudes pour les élèves d’aujourd’hui ?

  • Enseigner les gestes et l’organisation attendus.
  • Prévoir du matériel simple et fonctionnel.
  • Faire lire, écrire et parler régulièrement.
  • Donner le temps de s’entraîner en classe.
  • Maintenir des attentes claires, avec des adaptations pour les enfants qui en ont besoin.

Etre écolière ou écolier, cela s’apprend.

Préparer son matériel, s’installer pour écrire, écouter, lire, rédiger : ces gestes du quotidien demandent un enseignement, de la pratique et du temps.

Ancienne enseignante et graphothérapeute à Beaune, je mesure dans mon cabinet combien ces habitudes comptent pour permettre aux enfants de gagner en aisance et en autonomie.