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Un lexique pour mieux comprendre l’écriture

Les questions relatives à l’écriture d’une façon générale interrogent un nombre grandissant de parents.
Pour quelles raisons ?

Nos enfants écrivent de plus en plus mal et font de plus en plus de fautes d’orthographe. Il suffit dans un premier temps de jeter un œil au contenu du cartable d’un enfant de cp d’une école lambda avec celui de personnes de ma génération (et oui, je suis un dinosaure quinquagénaire !!!) pour comprendre la raison essentielle. Les loulous ont un nombre de fichiers et cahiers considérable; mais pour autant ils écrivent bien peu à l’intérieur, puisque les photocopies sont devenues les Reines de tous ces écrits, avec leurs textes à trous, leurs pointillés, leurs dessins fantastiques à compléter.

 

Avant

Il y a environ 40 ans (que le temps passe !!); le contenu du cartable était léger, et les écoliers écrivaient les leçons, les dictées, les poésies, les devoirs, bref, TOUT ! On pouvait trouver dans le cartable les articles suivants :

  • un cahier du jour (avec les mathématiques et le français)
  • un cahier d’écriture
  • un cahiers de poésies et chants
  • un livre de lecture 
  • un cahier d’éveil (appelé aujourd’hui « découverte du monde »)
  • une trousse
Aujourd’hui

Les domaines d’apprentissage sont beaucoup plus nombreux et les écrits aussi, qu’il s’agisse des cahiers donnés par l’enseignant ou des fichiers qui allègent considérablement la tâche d’écriture. Voilà à quoi peut ressembler le contenu du cartable des chérubins en primaire dès le CP (pour une part en fonction des enseignants) :

  • un fichier de maths
  • un fichier de lecture ET un livre de lecture
  • un fichier d’écriture (appelé aussi cahier d’écriture)

Les cahiers manuscrits sont aussi nombreux :

  • le cahier du jour (grand classeur le plus souvent) pour la découverte du Monde)
  • le cahier de leçons (souvent entièrement photocopiées)
  • le cahier de poésies et de chants
  • le cahier de mathématiques
  • le cahier de rallye lecture
  • le cahier de littérature
  • le cahier de lecture…

 

  • LES trousses s’ajoutent à ces nombreux fichiers et cahiers : une pour les feutres et crayons de couleurs, et une pour les autres outils scripteurs : stylos, gommes, règle (quand elle tient dans la trousse,)…

Je m’arrête ici, car j’ai le tournis !

Conclusions

Oui, il est logique que nos enfants écrivent moins bien et n’aient pas la possibilité de digérer les règles d’orthographe et de grammaire puisqu’on les assiste largement en limitant les moments d’écriture à moins de 30 minutes par jour grâce à ces fichiers entre autres où l’on écrira parfois seulement 10 mots dans une page A4.

Tout est dit.

J’ai répertorié par ordre alphabétique quelques expressions, des définitions liées à l’écriture entendues ici ou là, pour tenter d’apporter des éclairages sur des termes employés en écriture aussi bien que sur des comportements d’enfants ou d’ados en difficultés d’écrire.

Je compléterai ce lexique au fur et à mesure des sujets abordés dans l’année de façon à vous donner à tous la possibilité de comprendre, réagir et communiquer au mieux avec les enfants et les personnes de votre entourage sur ce sujet brûlant de l’écriture. 

A

  • accent : aigu, grave ou circonflexe. Aidez votre enfant à apprendre leur nom et à les tracer correctement; ils se placent du haut vers le bas, au 2ème interligne, sauf l’accent circonflexe qui se fait en un seul tracé et démarre en bas.

 

  • agité : un enfant dont on dit « il ne tient pas en place », il n’arrête pas de balancer les jambes », il bouge sans arrêt », « il bouge et n’est pas concentré ».

Plusieurs raisons peuvent être à l’origine de ce surcroît de mouvements en classe :

    • votre enfant a peut-être des réflexes primitifs partiellement intégrés. Auquel cas ses mouvements ne sont pas contrôlables ou le sont difficilement.
    • Ils peuvent également être une façon de soulager un stress qu’il sera utile d’identifier.

La recherche des causes est primordiale. Ce peut être :

  • des troubles visuels
  • une mauvaise tenue de crayon ou/et  posture inadaptée
  • un déficit de l’attention
  • une hyperactivité….

Je teste si besoin en bilan 4 réflexes pouvant interférer sur l’écriture et la posture.  Le résultat est donné à l’issue de mes bilans de graphothérapie.

Vous pouvez aussi rencontrer un spécialiste de la réintégration de ces réflexes qui étudiera en profondeur l’ensemble des réflexes et vous proposera si besoin une rééducation adaptée. 

Si votre enfant éprouve le besoin de ressentir un léger balancement lorsqu’il se trouve en position assise, vous pouvez lui proposer de s’asseoir sur un coussin « Dynair »; il existe aussi pour poser les pieds. Je vous conseille de le tester à la maison avant de l’emmener éventuellement avec l’accord de l’enseignant à l’école, de façon à ce qu’il ne soit pas réduit à être un objet de distraction.

  • apostrophe : contraction d’une lettre; elle doit se tracer en partant du au 2ème interligne, comme un accent aigu. Elle occupe la place d’une lettre. 

 

  • appliqué :  « mon enfant ne s’applique pas en classe » ≠ « mon enfant est appliqué » .

 Je n’ai jamais rencontré un enfant refusant un bon point à l’école, ou le tampon « champion de copie ».

Tous les enfants SONT FIERS DE REUSSIR; aussi, je peux affirmer qu’un enfant que l’on dit « peu appliqué » se trouve en situation d’échec. Qui dit échec dit besoin d’aide. Si vous lisez ce genre d’annotation, consultez un spécialiste pour rechercher la cause de ce manque d’application.

Si votre enfant est « appliqué », c’est parfait !

Attention cependant que cette application ne cache pas non plus une crispation excessive qui donne l’impression d’une écriture parfaite et trop douloureuse. Je rencontre au cabinet des enfants dont l’écriture n’attire pas l’œil de l’enseignant, ni du parent, et qui pourtant est extrêmement coûteuse en énergie. Souvent, ces enfants secouent la main régulièrement lorsqu’ils écrivent. 

 

B

  • bouge la tête : bouge la tête d’un côté ou de l’autre lorsqu’il copie » (par exemple).

Un problème neurovisuel peut être à l’origine de ces mouvements qui sont d’une part épuisants à la fin de la journée, et qui sont inefficaces pour l’écolier.

Consultez dans ce cas un orthoptiste neurovisuel qui vérifiera la convergeance des yeux, les saccades…En effet, un enfant peut avoir une excellente accuité visuelle mais être gêné par un problème d’un tout autre ordre qui l’empêchera peut-être de se repérer dans les lignages, de rechercher efficacement une information dans une page. Bref, cette gêne n’est pas normale et se rééduque aisément avec le spécialiste concerné si besoin.

 

C

  • calligraphie : étymologiquement la calligraphie est la belle écriture, l’art de bien former les caractères d’écriture manuscrite. 

Il  me paraît intéressant d’expliquer aux enfants les origines de l’écriture afin qu’ils comprennent et soient conscients que l’écriture manuscrite aujourd’hui est une nécessité, et qu’elles répond à de règles rigoureuses autant qu’utiles.

  • crampe : votre enfant secoue la main lorsqu’il écrit, refuse d’écrire, ne veut plus écrire ou dessiner.

Un enfant ne dira pas qu’il a mal lorsqu’il écrit. Tout simplement parce que la douleur s’est installée dans son inconscient et qu’il ne sait pas l’identifier ni la nommer. La douleur peut faire partie du quotidien de l’enfant sans qu’il ne sache exprimer ce qui ne va pas. Il ne s’appitoiera certainement pas sur son sort; peut-être aussi parce que son entourage lui répondrait « s’il te plait arrête un peu de gémir », « c’est normal d’avoir un peu mal lorsqu’on écrit beaucoup »…

Cette situation mérite que l’on consulte d’urgence le graphothérapeute !

On parle parfois de « crampe de l’écrivain » ou de « dystonie » lorsque la personne perçoit des douleurs en voulant exécuter des tâches de motricité fine.

  • cursif : vient du latin « currere », signifiant « aller avec vitesse », donc « courir ». L’expression « écriture cursive » veut donc dire « écriture qui va vite ».

J’invite  chaque acteur du système scolaire à utiliser cette expression au détriment de « écriture en lettres attachées » : en effet, ce système d’écriture de lettres juxtaposées les unes à côté des autres est en général maladroit. C’est malheureusement ce type d’écriture que je rencontre la plupart du temps à cause d’un apprentissage manquant de normes et de rigueur, faute d’être enseigné aux futurs professeurs des écoles.

Pour aider vos élèves et prévenir plutôt que guérir, je vous invite à participer à une formation si vous enseignez. Si vous êtes parents, vous pouvez également bénéficier de journées pédagogiques entre pairs.

En effet, c’est au travers de l’écriture cursive que l’on peut découvrir le mouvement harmonieux de l’enchaînement des lettres dans le respect des normes établies.

Les lettres « attachées » a contrario induisent un lever de main entre chaque lettre, ce qui freine indéniablement la vitesse et nuit à la lisibilité de l’écrit.

 

D

  • doigt : nous avons 10 doigts, je ne vous cache rien et il est utile de connaître le nom de ses doigts pour apprendre à tenir correctement son crayon. Aidez vos enfants à les retenir ! Le « riquiqui » porte un nom : l’auriculaire !

 

  • droitier : un enfant est droitier s’il utilise sa main droite pour écrire ou découper. On parle de latéralité manuelle à droite. Il peut toutefois exécuter certains mouvements avec sa main gauche sans qu’il y ait d’anomalie pour autant à cett situation. A ce moment-là, on parlera de latéralité usuelle à gauche. 

 

  • ductus : « chemin » du tracé de la lettre. Deux composantes rentrent donc en compte lors du tracé : l’ordre et de la direction que l’on prend pour écrire. D’où l’importance d’avoir de repères spatiaux clairs pour aborder l’écriture.

 

  • dysgraphie : trouble de l’écriture pouvant affecter de façon durable la vitesse , la qualité de l’écriture et le coût cognitif de cette dernière. Notons qu’aucun déficit neurologique ou intellectuel ne peut se trouver à l’origine d’une dysgraphie. 

 

E

  • espaces : il est nécessaire de respecter des espaces entre les lettres et les mots; je conseille de laisser 1 carreau ou 2 petites boucles entre chaque mot; les espaces entre les lettres sont générés naturellement par le mouvement cursif de l’écriture. Chaque geste destiné à former une lettre doit avoir un début et une fin sur la ligne d’écriture et s’enchaîner dans un mouvement de façon à éviter les lettres serrées pouvant nuire à la lisibilité.

 

  • étrécie : deuxième forme de base apprise au début de l’apprentissage de l’écriture après la boucle. Il est primordial qu’un enfant vive cet apprentissage à l’école. L’étrécie est à l’origine des lettres u, i, t, d…..Je conseille qu’à l’entrée du CP, un enfant ait acquis le sens de ce tracé et soit familiarisé pour le tracer dans des repères de lignages sieyès 3mm. Si votre enfant a besoin d’entraînement supplémentaire en démarrant son CP, demandez conseil au graphothérapeute pour savoir s’il est nécessaire ou pas qu’il suive quelques séances de rééducation pour bien encoder ces formes. La première forme de base est appelée « boucle ».

 

F

  • forme : les lettres ont chacune une forme et un ductus qui leur est propre. Ce sujet est abordé précisément en formation pédagogique. 

 

G

  • gaucher : se dit d’une personne écrivant de la main gauche. Attention, il n’existe pas de corrélation entre  l’expression « être gauche » et le fait d’être latéralisé à  gauche. Un gaucher est tout aussi adroit qu’un droitier.

 

  • graphie : représentation graphique de la lettre; elle est associée au son qu’elle produit en lecture.

 

  • graphisme : exercices réalisés en maternelle destinés à aider l’enfant à contrôler des tracés dans différentes directions.

Laissez donc vos petits faire du graphisme décoratif sans contrainte, cela ne les influencera pas négativement pour écrire en écriture cursive par la suite !

 

H

  • hauteur : le tracé des lettres dans le système français obéit à des règles strictes. Les hauteurs représentent la partie montante de la lettre. On les appele « hampes »;  elle peuvent être bouclées comme les lettres l, h, k ou des bâtons droits, pour les lettres  t, d.

Notons que les hauteurs des lettres doivent être respectées pour qu’une écriture soit agréable à lire. Ne retenez pas que toutes les lettres montent au même interligne ! Les lettres « t » et « d » montent au 2ème interligne. Les autres lettres h, k, l, montent au 3ème interligne.

Dans certains cas particuliers néanmoins (comme des troubles avérées de l’écriture), on admet que toutes les hauteurs soient réglées de la même façon.

 

I

  • illisible : une écriture est qualifiée comme telle lorsque le sujet apprenant éprouve de graves difficultés à se relire; a fortiori, dans ce cas, les personnes de son entourage rencontreront également ce problème.

La consultation d’un graphothérapeute est indispensable dans ce cas pour étudier la possibilité d’une rééducation du geste.

 

J

  • jambage : parties descendantes des lettres se trouvant sous la ligne d’écriture. Ces jambages sont bâtonnés ou bouclés. L’ensemble des lettres concernées atteint le  2ème interligne en écriture française.

 

L

  • lenteur d’écrire : un enfant est dit « lent » lorsqu’il n’arrive pas à faire son travail dans le temps imparti par l’enseignant en classe; il existe des échelles de vitesses d’écritures qui permettent de situer un enfant ou un adolescent par rapport à son âge ou son niveau de classe. 

J’attire l’attention sur les vitesses normées qui sont de précieux indicateurs. Les enfants découvrent souvent en fin de cycle 2 qu’ils sont trop lents. Les années respectives des examens du brevet et du baccalauréat sont également des années charnières pour votre enfant;  je vois régulièrement à mon cabinet des parents qui prennent conscience du problème quelques mois avant les examens.

Il existe des causes multiples à ce problème, et je vous conseille de consulter un spécialiste pour y remédier au plus vite.

La vitesse d’écriture est évaluée lors d’un bilan de graphothérapie.

 

M

  • majuscule : forme particulière des lettres de l’alphabet, plus grande que l’autre catégorie, les minuscules. La majuscule peut revêtir deux formes : les lettres calligraphiques; elles sont souvent appelées par les enfants « belles lettres ». La deuxième forme est la « lettre bâton » appelée aussi « lettre capitale d’imprimerie ».

La règle enseignée : on met une majuscule au premier mot en début de phrase, aux noms propres et au début des phrases en poésie dans un vers.

  • minuscule : par opposition de la majuscule, c’est une petite lettre. 

J’attire votre attention sur le vocabulaire employé par les enfants : ils nomment les minuscules des lettres « attachées »; et par voie de conséquence, ils ne savent pas comment nommer une lettre majuscule ni une minuscule pour les différencier. D’où l’importance d’appeler un chat un chat dès la maternelle !!! Nous nous y retrouverons tous ! Merci pour eux !

  • marge : les enfants apprennent rapidement à respecter la marge de gauche tracée dans les cahiers. 

Peu d’enfants respectent la marge de gauche : ils préfèrent ainsi écrire le dernier mot de la ligne à la verticale plutôt que de couper le mot ou simplement revenir à la ligne en anticipant la fin de la ligne. 

Vous pouvez les aider à leur faire prendre conscience de l‘importance de la gestion de ces espaces pour rendre un texte plus agréable à la lecture.

Apprendre à couper un mot est également nécessaire : le règle veut que l’on coupe le mot aux syllabes ou aux doubles-consonnes.

 

O

  • oves: parties rondes des lettres a, d, g, q. Lors de l’apprentissage de l’écriture, on recherche la rondeur du tracé de ces oves. Une mauvaise tenue de crayon conduit naturellement à tracer des oves anguleuses et cabossées qui sont disgracieuses.

 

P

  • ponctuation: marqueurs dans les phrases, qui sont aussi importants qu’une majuscule puisqu’ils permettent de lire un texte pour en extraire le sens.

Il s’agit du point, de la virgule, du point-virgule, du point d’exclamation, d’interrogation, les deux points, les points de suspension, les guillemets, les parenthèses, le tiret. La majuscule est un signe de ponctuation.

La plupart des enfants que je rencontre ne respecte pas les signes de ponctuation; peu d’entre eux en connaît la signification; du coup, ces  signes sont considés comme des signes facultatifs ou superflus. D’où vient ce manque de rigueur ? Je ne peux vous l’expliquer réellement puisque ces signes sont enseignés à l’école et constituent bien une partie de l’écriture.

Il existe une façon très simple pour remédier au problème en aidant votre enfant :  je conseille à tous les parents de pratiquer avec leur enfant la lecture à voix haute chaque jour; ainsi, en mettant le ton, en relentissant, en s’arrêtant lorsque la ponctuation l’indique,  les jeunes lecteurs prendront conscience de l’importance de ces signes et les respecteront naturellement.

 

R

  • réflexes archaïques ou primitifs : ils apparaissent à la naissance et doivent s’inhiber dès les premières  années de l’enfant pour laisser place aux mouvements volontaires. Pour en savoir plus. 

S’ils  sont partiellement ou pas intégrés, l’écriture, la tenue de crayon et/ou la posture,  peuvent être difficiles. Lors du bilan de graphothérapie, je peux être amenée à tester 4 de ces réflexes et donner si besoin des exercices à réaliser à la maison pour que le corps vive les étapes nécessaires à leur inhibition.

  • refus d’écrire: certains enfants en difficulté d’écriture refusent d’écrire; il est évident que la consultation d’un graphothérapeute est vivement conseillée dans ce cas pour chercher la cause et tenter d’y remédier.

 

s

  • script: c’est le système d’écriture utilisé en imprimerie pour  l’écriture des manuels et des livres en général. En France, on apprend à établir des correspondances entre le système script et cursif dès l’école maternelle; mais on enseigne seulement le geste cursif à l’école primaire.

Les adolescents adoptent souvent un mélange maladroit des deux écritures, cursive et script. Mais cette mixité apporte une certaine lenteur à l’écriture; par ailleurs, les copies écrites intégralement en script sont nettement moins agréables à lire. 

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